Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 16:22

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Dans le petit monde de la zone portuaire, trois embarcations officielles avaient la priorité : la vedette des douanes, la barge de la légion étrangère et le bateau qui conduisait les touristes sur l’île royale. Nous entretenions avec l’équipage de douaniers des rapports de bon voisinage. Il partait régulièrement en mission de surveillance le long de la côte et s’engageait alternativement sur le Maroni et l’Oyapock. Les trafics étaient aisés. Les douaniers ne chômaient pas mais ne se montraient pas stressés pour autant. L’officier principal nous prodiguait maints précieux conseils quand nous souhaitions remonter un fleuve dont il connaissait les moindres méandres.


La seconde embarcation, une authentique barge du débarquement appartenait à la légion étrangère. Sur cette embarcation d’un autre temps, un légionnaire veillait. Il restait en faction une semaine entière au terme de laquelle, il était relevé par un autre légionnaire. Les bougres s’ennuyaient ferme. Nous les recevions souvent. Leurs histoires personnelles frisaient la caricature. P. venait du nord de la France, il avait commis quelques larcins et plutôt que la prison avait opté pour la légion. Cinq ans obligatoires, c’était le tarif. Il parlait beaucoup de ce qu’il ferait lorsqu’il retournerait à la vie civile mais au terme des cinq années, il rempila. M. était issu d’une famille de batelier et fuyait une mère trop possessive. Il ne buvait que du lait.

 

Quant à R., l’alcool le rendait fou et lui faisait revivre un épisode traumatique. Mécanicien sur un bateau, il avait, lors d’une violente tempête, reçu un ordre du capitaine totalement en contradiction avec ce qu’il estimait relever de la survie du navire. Ecartelé entre l’obéissance aux ordres et son instinct, il avait suivi les ordres. Le navire avait fait naufrage, il y avait eu des noyés, il ne s’en était jamais remis. Quand, il arrivait que les vapeurs d’alcool embrument son cerveau, il imitait le bruit du moteur et racontait, comme en transe, le conflit mental qu’il n’avait jamais pu résoudre. S. s’était engagé pour voyager, comme je le regardais bizarrement en me demandant s’il plaisantait, il m’affirma d’un ton qui ne souffrait aucune contradiction que la légion était un bon moyen de voir du pays. M. voulait gagner de l’argent. Il avait compris trop tard que la légion étrangère n’était pas le meilleur moyen de parvenir à son but. Il parlait de déserter et passait en revue les moyens possibles pour le faire. Se faire établir des faux papiers n’était pas très compliqué. Mais lui eut l’idée qu’il trouvait géniale, de laisser son passeport ouvert au soleil, pour que l’encre de son nom s’efface laissant la place à un nouveau patronyme. Cette tentative n’avait pas abouti à grand chose. Il était turc. Un événement de sa vie revenait souvent dans ses propos : embarqué sur un navire grec, il s’était trouvé enfermé dans un placard à balais, le temps de navigation qui restait pour atteindre un port, soit sept jours, en raison d’un conflit qui opposait les grecs et les turcs pour la partition de l’île de Chypre. Il en conservait une sainte fureur contre les Grecs. Il fumait des pétards gros comme des cigares havanais, en une inhalation il en aspirait la moitié. Au premier joint il prenait le grade de caporal, au troisième, il devenait général.


La plupart des légionnaires qui séjournait au port nous rendait visite. Ils se laissaient tous aller à des confidences et des émotions que l’atmosphère virile de la légion leur interdisait. L’un d’eux nous apportait des victuailles qu’il dérobait en cuisine. Nous les préparions et bien évidemment, le repas réunissait l’ensemble des navigateurs à quai. Bien que nous l’ayons plusieurs fois mis en garde et assurait qu’il n’était pas nécessaire qu’il chaparde de la nourriture pour partager notre repas, il tenait à nous faire plaisir. Il s’est fait prendre la main dans le sac. Conduit au camp disciplinaire de Régina au cœur de la forêt, il en est revenu cassé, quelque chose de mort en lui. Sur ce camp de Regina, il se racontait des horreurs et si beaucoup étaient probablement fausses ou tout du moins exagérées, la discipline pratiquée à outrance en anéantissait certains. Echaudés et très probablement rappeler à l’ordre, les veilleurs sur leur barge se sont faits plus distants, du moins plus discrets. Ils attendaient que la nuit soit bien installée pour s’évader de l’embarcation et rejoindre notre bord. La plus petite attention les rendait heureux. Ils étaient parfois émus jusqu’aux larmes. Les convier à Noël les laissait sans voix, nous aurions pu leur demander n’importe quel service dans ces moments-là. Voir ces grands gaillards les larmes aux yeux m’impressionnait toujours.

 

Je n’oubliais pas qu’ils étaient avant tout des militaires, et qu’en cas de conflit, ils n’auraient surement aucun état d’âme. De vieux briscards, racontaient des faits d’arme qui faisaient dresser les cheveux sur la nuque. L’un d’eux affirmait que si l’ordre lui en était donné, il tuerait sa mère ! Quelques-uns suintaient l’ennui et la sueur, certains ne rêvaient que de partir sur le front d’un conflit pour en découdre et peu importe qui se battaient et pourquoi. Mais aucune guerre ne requérait leur présence. Côtoyer des légionnaires m’aurait paru incongru et hors de propos avant de débarquer en Guyane. Leur contact m’a permis de dépasser quelques préjugés et d’avancer d’un pas minuscule dans l’appréhension de la complexité humaine. 

 

décembre 1979 - décembre 1981

Par marine - Publié dans : perles de mer - Communauté : Carnets-de-voyages
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 08:07

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Le long du ponton rouillé, côté berge, nous avions amarré Athanor, notre voilier, à couple d’un bateau déserté. Nous étions quelques-uns à faire halte sur le fleuve Kourou. Aucun signe ne permettait de savoir que cet endroit un peu désolé, voisinait avec la technologie de haut vol - haut et même très haut vol - : derrière l’épaisseur de la forêt qui nous isolait du monde, se dissimulait la base spatiale. La première fusée de la série Ariane n’avait pas encore pris son vol vers d’autres cieux. Elle n’était même pas encore installée sur son pas de tir. Nous aurions presque pu l’ignorer. La route, qui venait de la ville, à sept kilomètres de là, s’arrêtait au bord du fleuve.


Dans ce port minuscule, le nombre de voiliers variait au fil des saisons, il ne dépassait jamais sept. Le port de Kourou ne se laissait pas aborder si aisément. La rencontre du fleuve et de l’océan rendait l’entrée dans le fleuve périlleuse, courants contrariés d’eau douce et d’eau salée s’affrontaient pour former en mer, une barre dont il fallait toujours se méfier. Quand le vent s’en mêlait, elle pouvait se montrer violente jusqu’à en devenir infranchissable. La plus extrême prudence était requise pour naviguer sur le fleuve avec un voilier même à faible tirant d’eau. La mangrove gagnait du terrain, les bancs de vase se déplaçaient sensiblement au gré des courants, remodelant lentement mais régulièrement le lit fluvial. La navigation se pratiquait pendant l’étal de pleine mer au moment où les courants s’apaisent et le niveau de l’eau atteint son maximum. Alternativement vers l’amont et vers l’aval, les courants déplacent à une vitesse folle des masses d’eau considérables charriant branchages et troncs plus ou moins imposants qui dévalent le fleuve comme s’ils avaient d’urgentes affaires à régler. Respecter le balisage ne mettait pas à l’abri de ce risque de collision. Ils pouvaient faire de gros dégâts à la coque.


L’appellation de port était presque usurpée. Deux pontons métalliques flottant sur une eau limoneuse et la plupart du temps énervée, un point d’eau potable, une borne pour les branchements électriques sur laquelle se multipliaient les prises. Un électricien aurait crié au fou devant la multitude de fils qui circulaient, s’enchevêtraient et s’égayaient en tous sens sur un ponton régulièrement trempé soit par les éclaboussures de ceux qui venaient y faire leur vaisselle ou prendre leur douche soit par le clapot qu’une pirogue ou un zodiac à moteur soulevait en passant rapidement au large.

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décembre 1979 - décembre 1981

Par marine - Publié dans : perles de mer - Communauté : Carnets-de-voyages
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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 07:56

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Et nous y sommes revenus. L’otogar d’Istanbul n’avait plus aucun secret pour nous. Ce jour-là, ce lieu ressemblait à une ruche affolée par un ours gourmand. La fête religieuse de l’Aïd, trois jours fériés doublés par des vacances scolaires, avait jeté des milliers de personnes sur les routes, à croire que tous les habitants d’Istanbul s’étaient donnés rendez-vous là. Tous les cars étaient blindés. Trouver une place pour un lieu précis relevait d’un challenge. Dans les entreprises de transport, des plus imposantes aux plus modestes, les billets s’étaient tous arrachés. Nous avons fait le tour des compagnies, modifier nos plans, chercher une autre destination. Il nous a fallu, malgré toute notre bonne volonté, patienter et laisser partir les stanbouliotes qui s’en retournaient dans leur famille avant de pouvoir nous saisir enfin de deux tickets rescapés de cette transhumance.

 

Voyage de nuit, le steward trouvait honteux que l’on ôte ses chaussures dans son car. Il s’empressait de désinfecter la portion de couloir foulée par ces pieds mal élevés et obligeait le contrevenant à ne plus les déshabiller. Les enfants dormaient tous comme des bienheureux. Pour les frileux, des couvertures étaient fournies et dans certains cars, chaque passager disposait d’un oreiller. Dans le dossier de chaque siège s’incrustait un écran. Films et programmes suffisamment variés pouvaient satisfaire tout le monde. En turc, les séries américaines se regardent d’un autre œil. Aux aires de repos, des dizaines de cars s’alignaient sur le parking. Ils déversaient leurs passagers hébétés dont une bonne partie se précipitait aux toilettes devant lesquelles les files d’attente étaient interminables. Pour patienter, j’observais l’homme qui dans son kiosque percevait une lire par personne, le prix à payer pour pénétrer dans ce lieu. Son habitacle placé entre les deux entrées « Bey » et « Bayan » lui permettait de recevoir avec le bras gauche les pièces des femmes, avec le droit, celles des hommes. A la fin de la nuit, la caisse devait peser très très lourd.


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Les routes ne rendaient pas toujours le voyage confortable, nous tressautions beaucoup. Certains trajets, nous obligeaient à changer de car en milieu de nuit. Nous n’avons jamais attendu longtemps avant de monter à bord d’un véhicule parfois plus modeste en taille. Il s’en allait par les routes souvent en travaux sur plusieurs kilomètres. Et, le jour se levait sur des montagnes enneigées, sur une mer énervée, au milieu des champs de coton, dans une ville silencieuse ou une banlieue ouvrière…. Un steward se frayait un chemin dans l’allée pour offrir ses boissons chaudes ou froides. Les bus plus modestes ne dérogent pas à cet accueil dès lors qu’ils doivent parcourir une longue distance.

 

Quelques milliers de kilomètres en car vous rendent ce transport très familier et laissent émerveiller d’une organisation que nous avons rarement prise en défaut. De retour à Istanbul, le chauffeur de la navette mise gracieusement à disposition des passagers, assurant la jonction entre l’otogar et le quartier anatolien où nous devions nous rendre, nous a obligeamment déposés, à quelques encablures de l’immeuble dans lequel nous étions hébergés. Plus aimable, on ne pouvait pas !


So, « What else ? » comme dirait un certain acteur…

Février 2002, septembre 2006, mai 2010, novembre 2011

Par marine - Publié dans : istanbul - Communauté : Carnets-de-voyages
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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 22:10

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Sillonner la Turquie en car ne présente aucune réelle difficulté pour peu que l’on dispose de temps en suffisance et l’envie de creuser son sillon sur les routes du pays. Le réseau des transports, bien développé, quadrille le pays jusque dans les plus petits villages. Les compagnies de car grand tourisme sont légion qui se font concurrence. L’otogar d’Istanbul, gigantesque complexe d’agences qui semblent vendre le monde à petits prix, est la plus grande gare routière d’Europe. Elle draine les 30% des 175 millions de voyageurs par an qui prennent le car en Turquie. 6 500 personnes tout corps de métiers confondus y travaillent et 100 000 y passent chaque jour. Autant dire que se rendre en ce lieu est déjà une expérience qui vaut le détour. Véritable ruche, nous étions un peu embarrassés en débarquant la première fois au milieu d’une telle agitation. Tant de sociétés de transport donnent le tournis. Il en faut bien autant pour conduire les 1000 cars qui s’en vont et s’en viennent chaque jour, jusqu’à 1500, en période de vacances ou de fêtes religieuses. Ils nous avaient fallu demander à un vendeur de döner Kebab quelle agence pourrait bien nous conduire dans cette petite ville de la mer Noire où nous avions choisi de nous rendre. Il ne savait pas lui-même mais après concertation avec ses collègues et quelques clients, nous avons été dirigés d’un geste un peu vague vers une société qui, selon lui, pourrait fort bien proposer ce trajet. Un homme égrenant un chapelet, un rabatteur peut-être, nous ayant repéré, au nom de notre destination nous a conduits illico chez Metro, l’une des quatre plus grandes compagnies de cars que compte la Turquie. Seul, un employé y parlait anglais. Billets en poche, le prix en était dérisoire, nous étions impatients de quitter la ville dont la température flirtait avec les quarante degrés alors que nous n’étions qu’au début du mois de mai.


Le soleil promettait de se faire plus mordant encore que la veille et déjà il montrait les dents, le car avait du retard, la salle d’attente était climatisée, un homme de la compagnie voyant mon impatience, m’a offert un bonbon, c’était gentil de sa part. Une fois les passagers installés à leurs places attitrées, le car a démarré. Aurions-nous été dans un vol long courrier que nous n’aurions pas été mieux traités. Le chauffeur portait un bel uniforme que le steward époussetait à chaque arrêt. En plus de veiller à la tenue du chauffeur, le steward prenait grand soin de ses passagers. Très stylé, il offrait de l’eau fraiche comme s’il servait du champagne grand cru mais il pouvait apporter un verre de thé si tel était votre désir. Parfois il circulait dans l’allée poussant son chariot pour proposer en plus du thé et de l’eau, du jus d’orange et du jus de pêche accompagné d’une tranche de cake et d’une petite serviette parfumée pour le nettoyage des mains. A la fin du voyage nous étions carrément aspergés d’eau de Cologne.

 

Il s’en venait ensuite ramasser les papiers d’emballage et les gobelets vides. Son service le conduisait également à s’enquérir auprès de chacun de sa destination précise afin d’être déposé au plus près de ce lieu. Une attention remarquable. Il réglait aussi la télévision. Sur l’écran une émission pour les ménagères de moins de cinquante ans., nous approchuins de l'heure du déjeuner. Deux femmes donnaient cours de couture, cours de cuisine, cours de dressage de chiens. L’émission était suivie par l’épisode d’une série, un genre de « Plus belle la vie » version turque dans laquelle les femmes étaient plus girondes, le policier moins stressé, le docteur, stéthoscope en bandoulière plus mûr, le patron de bar moustachu moins avenant mais tout aussi bavard… malgré toutes ces petites différences, il me semblait que les scénarios se ressemblaient singulièrement. Le tout cela était saucissonné de fréquentes séquences de publicité : lessive, boisson, bonbons, etc …

 

Il y avait un troisième homme dans cet équipage. Il rangeait et descendait les bagages dans les coffres appropriés. Le trouvant peu occupé, nous lui avions imaginé d’autres rôles comme celui de remplacer le chauffeur en cas de problème ou d’avoir des talents en mécanique mais nous n’avons pas au cours de nos voyages pu vérifier nos hypothèses et c’était bien ainsi.

 

Toutes les deux heures, arrêt dans une aire de repos, sur la première, une petite mosquée accueillait les croyants juste derrière le parking. Sa taille minuscule, la rendait d'autant plus remarquable dans le paysage. A la deuxième, nous avons déjeuné, à la troisième nous sommes allés passer le temps à la boutique qui proposait des épices, des pistaches, du chocolat, des boissons, des chaussettes, des souvenirs, … Rien de très dépaysant. Ainsi passaient les voyages, l’autoroute était étonnement déserte, nous traversions quelques petites villes, de vertes campagnes dans lesquelles, les femmes alignées, maniant la faux en cadence, coupaient l’herbe tandis que d’autres assises sur de petits tabourets trayaient les vaches, visions qui nous ramenaient aux années cinquante, habitués que nous étions aux gigantesques tracteurs et aux trayeuses électriques. Et régulièrement, sans que l’on puisse comprendre pourquoi, un immeuble de quelques étages, surgissait comme cela au bord de la route sans rien autour pour en justifier la présence. Et ceci expliquant peut-être cela, les maisons individuelles étaient rares, voire absentes du paysage. Quelques petites mosquées dans les prairies me faisaient sourire à repenser à la série canadienne « La petite mosquée dans la prairie » qui en était déjà à la saison 4. Hautement recommandé.

 

Sept heures de route, le car s’est arrêté à l’otogar de Bartin. Un minibus nous a pris en charge pour nous conduire dans la ville, six kilomètres plus loin et nous laisser précisément à l’arrêt de bus qui devait nous amener à notre destination finale. Au retour, nous n’avons pas eu le goût de tester une autre compagnie et un car de la Metro nous a ramené à Istanbul. Le service était aussi soigné, seul le programme télé différait et c’était une stewardesse qui assurait notre bien-être : eau, thé et eau de Cologne à volonté. Arrivés à I’otogar d’Istanbul, un service de navettes gratuites distribuait tous les quartiers de la ville.

 

Le voyage en car dans ces conditions vous donnerait le goût de « revenez-y » afin de poursuivre sa route encore et encore. 


Février 2002, septembre 2006, mai 2010, novembre 2011

Par marine - Publié dans : istanbul - Communauté : Carnets-de-voyages
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 14:24

 

 MCH-train-1-copy.jpg

Amas de bagages et brouillons de voyages,

Attente d’un train ou d’un voyageur,

Affluence et confluence,

Partance vers l’errance,

Epilogue ou prologue d’un périple.

  

Il est des gares inconséquentes où les marées humaines se font pressantes, étouffantes, bruyantes où les trains bondés regorgent de voyageurs qui débordent à l’extérieur des wagons, où les cars déglingués n’en peuvent plus de transporter tant de passagers. Il y a du désordre et du désir.

Sur le quai, la foule se presse, le train entre en gare - aussitôt brouhaha et chaos, multitude inextricable, flux descendant emmêlé dans flux montant - les grappes humaines s’accrochent aux portières comme à une bouée de sauvetage. Il y a de l’urgence et du fatalisme.

 

Il est des gares disciplinées, où les passagers attendent calmement, sur un banc, au buffet, en marchant, même les cars à quai semblent patienter sagement. Il y a de la bienséance et de la constance.

 

Il est des gares paisibles nichées au creux de minuscules villages à peine troublés par l’arrivée d’un train ou d’un car qui déposent un… deux… peut-être trois passagers un peu égarés, en font monter autant avant de poursuivre tranquillement leur parcours, laissant le village retomber dans son immuable tranquillité. Il y a de la discrétion et de la quiétude.

 

Lieux d’errance et de hasards, les gares effervescentes où l’attente peut se faire pressante et impatiente entrelacent les chemins. Les passagers tissent parfois des liens de connivence, échangent des brins d’existence, et des informations consistantes ou insignifiantes, c’est selon.

 

Densité de destins qui se croisent et se défont sans cesse, les passagers tressent leurs parcours dans ce lieu où le trop plein et le vaste vide se côtoient immanquablement dans une perspective qui tend indéfiniment vers des lieux inconnus ou trop connus, c’est selon.

Par marine - Publié dans : Abécédaire - Communauté : Carnets-de-voyages
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